Intégration sierroise

L’Espace Interculturel de Sierre fête cette année son vingtième anniversaire. La manifestation se déroulera au théâtre des Halles le 14 octobre 2016 à 19h00. Les artistes de l’ECAV présenteront une exposition sur le thème de la migration et de l’intégration. Puis, Célina Ramsauer et Teofilo Chantre animeront un concert aux couleurs latines intitulé «Entre deux Continents».

Cette association indépendante a pour objectif la valorisation des personnes migrantes. Elle propose des programmes d’orientation, des cours de français et des ateliers de relations humaines.

Les cours de français comprennent 40 séances hebdomadaires réparties sur 20 classes. Les critères correspondent au Cadre européen de référence du Conseil de l’Europe. Environ 380 personnes suivent ces cours où se côtoient 76 nationalités.

Rendez-vous pour cette grande fête le 14 octobre.

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La visite chez la vieille dame

Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,

Le Héron au long bec emmanché d’un long cou.

Il côtoyait une rivière.

Ce bon Monsieur de La Fontaine ignore où son Héron se promènera… Madame Gisela Minder, Thurgovienne de 80 ans, le sait. Depuis un an et demi, elle reçoit la visite d’une femelle héron cendrée, nommée Conchita.«Elle arrive vers 7h30 et frappe à la fenêtre de ma cuisine avec son bec. Je sais qu’elle veut manger quelque chose. Je lui prépare alors des snaks à base de poisson.»

Une fois le ventre bien rempli, le volatile aime se reposer sur le lit de son amie ou l’observe pendant qu’elle cuisine. L’oiseau reste une demi-journée dans la maison avant de repartir.

Lorsque Conchita n’est pas chez Gisela Minder, elle passe son temps à la station ornithologique de Kreulingen. La gérante, Elisabeth Eberle, explique avoir recueilli le héron cendré il y a deux ans. Toutes les tentatives pour relâcher la femelle dans la nature sont restées vaines. Depuis, note Elisabeth Eberle, l’oiseau fait partie des meubles :«Nous sommes très attachés à Conchita. Elle peut être un peu collante, mais lorsqu’elle ne vient pas nous voir pendant deux jours, elle nous manque énormément.»

Tant Elisabeth Eberle que Gisela Minder ignorent pourquoi le volatile fait autant confiance aux humains.

©Journal 20 Minutes, 28 avril 2016

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Eva Theytaz à Venthône

Elle expose au château de Venthône du 19 mars au 10 avril 2016 (vendredi à dimanche de 15h00 à 18h00) une soixantaine d’œuvres surprenantes autant qu’originales. Dessins, suspensions organiques, sculptures, linoléums synthétiques… Outre ses toiles aux markers, fusain et encre, Eva Theytaz est aussi plasticienne. Son expression est avant tout abstraite et expérimentale. Son intention vise l’introspection en volume et mise en espace.

Elle pose également  également un constat sur son rapport à la féminité, au corps et à son environnement.

Puis elle nous emporte sur un oiseau sombre ou une aile orange, techniques sur panneau compressé ou papier marouflé. L’on s’arrête près d’une tête penchée, un paysage orange somptueux pour se laisser entraîner dans une danse suspendue.

Une série de pièces dites Glomus s’inspire de l’eau des rivières où naissent formes et méandres : ce sont des galets de feuille de papier ou carton enrichis de strates de couleurs. Créations sublimes et oniriques. Limpides.

Une exposition à voir et revoir. Pour en garder une merveilleuse empreinte.

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Déficience invisible

Dans son récit Shâb ou la nuit, Cécile Ladjali évoquait sa naissance, à Lausanne, de mère iranienne qui l’abandonne aussitôt, et son adoption par un couple de français. Son enfance et son adolescence se déroulent donc sous le sceau du secret.

Agrégée de lettres, elle enseigne dans un quartier défavorisé de la banlieue de Paris, sensibilise ses élèves à la poésie. Ils publieront Murmures comportant soixante sonnets. Elle s’occupe actuellement d’enfants souffrant de déficiences auditives. Elle les ouvre à la littérature. Cécile Ladjali est aussi chargée de cours à la Sorbonne. Elle nous fit l’honneur de sa présence lors du dernier festival Rilke, à Sierre, où elle présenta l’ensemble de son œuvre.

Son dernier roman s’intéresse à une autre déficience : l’illettrisme. C’est l’histoire de Léo, vingt-ans, discret jeune homme d’une Cité, qui chaque matin pointe dans un atelier d’imprimerie. Toute la journée défilent des lettres qu’il identifie vaguement à leur forme. Les choses écrites, oubliées depuis l’école, sont devenues peu à peu de menaçantes énigmes. Renouer avec les mots, réapprendre à lire ? La bonne volonté est sensible, mais la tâche est ardue.

Illettré est un livre d’énergie et de conviction qui ouvre une voie imprévue et poétique sur ce handicap invisible.

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Lumineux Noël

Pendant toute l’année, vous êtes là. Nous pouvons compter sur vous. Vous y êtes avec d’autre, vous y faites votre part, et peu à peu le monde est transformé

Ce que vous faites est important. Cela permet à ceux qui sont épuisés de s’arrêter quelque temps, de reprendre des forces, pour ensuite repartir et poursuivre leur voyage.

Ce que vous faites a beaucoup de valeur. Nous voulons vous en remercier sincèrement. Votre aide est essentielle. Avec vous, grâce à vous, par vous, quelque chose a été rendu possible.

Heureux Noël aux déshérités de la Terre, aux errants, aux réfugiés en quête d’un accueil !

©Centre Espoir, Genève

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Le bonheur à tout prix

Marie-Claude Élie-Morin est journaliste indépendante, chroniqueuse, essayiste et scénariste. Elle s’intéresse aux enjeux de société qui ont un impact dans nos vie intimes. Elle dénonce dans son ouvrage La dictature du bonheur la nécessité d’avoir toujours une attitude volontaire et positive, parfois au mépris de la réalité.

Avec humour et discernement, elle expose les vicissitudes d’une manière de penser qui fait que beaucoup de gens en arrivent à se blâmer d’être malades, malheureux.

Nous avons besoin, individuellement et collectivement, de la part d’ombre de notre psyché. Il est donc inquiétant que tant de coachs et auteurs de livres de croissance personnelle à succès nous enjoignent constamment de chasser nos émotions négatives. Elles sont vues comme une chose qu’il faut apprendre à juguler, si l’on entend garder la gouverne de nos vies. C’est souvent vrai, mais pas toujours. Les recettes qui visent la félicité permanente sont l’équivalent des régimes amaigrissants — très populaires, peu efficaces et plus néfastes qu’autre choses.

Ce livre démontre qu’il est plus facile de reprocher à celui qui souffre sa posture mentale et de lui suggérer que la solution est à portée de main que de prendre acte de la réalité de sa situation.  N’oublions pas que l’industrie de la croissance personnelle engrange par ailleurs des profits faramineux en nous disant qu’il faut être la meilleure version de nous-mêmes.

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Du côté de la ruche…

L’organisation de l’abeille peut nous conduire à une sorte de rêverie métaphysique, nous mener à la philosophie. Qu’y a-t-il dans ce petit animal qui fascine autant ? Pourquoi vouloir chercher en lui des compréhensions de la nature et de la vie ? Les auteurs vont suivre le vol de l’abeille dans l’histoire de la pensée ; ils vont souligner cette idée ancienne et toujours actuelle qu’en contemplant et en comprenant l’abeille, nous saurons comment vivre ; comment vivre bien, comment vivre mieux, comment devenir sage.

Pourquoi le philosophe, d’Aristote à Heidegger, se met-il volontiers à l’école de la ruche ? Cette question est à l’origine du livre L’abeille (et le) Philosophe écrit à quatre mains par deux frères : l’aîné est apiculteur professionnel ; le benjamin est philosophe à la Sorbonne. Il fallait que ces compétences fussent réunies pour tenter de s’approcher de l’abeille philosophe et de faire son miel des discours de sagesse.

Pour qui se pique de philosophie, l’abeille est vraiment un animal de choix !

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Opportunité hebdomadaire

Ancienne conseillère à la culture de François Mitterand, la journaliste Laure Adler interroge George Steiner qui fut un des grands professeurs de littérature comparée à Cambridge et à Genève. Son œuvre littéraire et philosophique est parmi les plus étudiées au monde. On lui doit entre autres Maîtres et disciples, Réelles présences, Grammaire de la création et Dans le château de Barbe-Bleue où il se demande comment on peut écouter du Schubert le soir et torturer le lendemain.

Dans Un long samedi, il évoque sa jeunesse (il est né en 1929 de parents juifs viennois qui migrent en 1940 à New York) et sa formation aux Etats-Unis, sa position sur le judaïsme, son amour des langues et les grandes mythologies de notre siècle : psychanalyse, marxisme, structuralisme. Il parle aussi de son amour infini pour ce qui fait le goût de la vie : la musique.

Que signifie ce titre énigmatique ? Steiner nous l’explique : J’ai pris dans le Nouveau Testament le schéma vendredi-samedi-dimanche. La mort du Christ le vendredi, l’incertitude du samedi, enfin la résurrection du dimanche.(…) Ce samedi de l’inconnu, de l’attente sans garantie, c’est celui de notre Histoire. Il y a, dans ce samedi, une mécanique à la fois de désespoir et d’espoir. Le désespoir et l’espoir sont bien sûr les deux faces de la médaille de la condition humaine.

Un long samedi : des entretiens d’une intelligence fulgurante. La croyance éperdue, après la Shoah, en une communauté humaine encore possible. Mais aussi, une introduction à l’ensemble de l’œuvre de Steiner.

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L’art du détachement

Un Maître zen n’a de cesse de rendre son jardin magnifique : il peigne l’herbe, enlève les feuilles qui jonchent le sol. Tout doit être irréprochable. Non loin, derrière une grille, un vieux moine observe le spectacle.

À la fin du jour, notre ouvrier méticuleux convie le vieillard à admirer le fruit de ses prouesses : »Regardez comme il est parfait ! » L’autre acquiesce, convient que tout cela est effectivement très beau. Et finit par déclarer qu’il ne manque qu’une chose.

Le Maître invite son aîné à s’approcher. Soudain, le malicieux saisit l’arbre et le secoue en disant : »Voilà ce qui manquait ! »

©J. Van Wetering, Le Miroir vide.

L’enseignement de l’histoire : tout accomplir de manière impeccable et demeurer détaché du résultat.

Nietzche a raison : en aspirant frénétiquement à un ordre impeccable, en s’évertuant à terrasser la passion et les pulsions, nous tuons la vie.

Montaigne, lui, désirait rencontrer la mort en plantant ses choux dans un jardin imparfait.

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Se libérer du passé

Alexandre Jollien reprend la célèbre maxime d’Épictète : distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. On peut la rapprocher d’un verset des Psaumes : ce qui n’est pas de tes œuvres, ne t’en mêle pas. Dans Petit traité de l’abandon, l’auteur privilégie la patience et le détachement à la lutte. Comment traverser le découragement sans devenir amer ? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l’existence ? L’abandon, pour Jollien, n’est pas la résignation. C’est même le contraire. Plus on s’abandonne à l’instant présent, plus on est dans l’action et l’on répond adéquatement aux circonstances de l’existence. En somme, ne plus lutter contre l’existence, ni vouloir devenir quelqu’un. Juste être là, sans amertume ni aigreur, et être puissamment actif.

C’est un cheminement vers la liberté intérieure. Puisant dans la tradition philosophique et celle du zen, il nous invite à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l’accumulation mais du dépouillement. C’est la joie qui mène au détachement et non la privation.

Je m’aperçois que j’ai voulu chercher à l’extérieur, dans la façade, dans le paraître, dans les exercices spirituels, ce qui était déjà donné en surabondance au fond de moi. Et l’on prête à Gandhi cette formule merveilleuse : »Il faut vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre ».


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