Pourfendeur d’idées reçues

S’allonger sur le divan d’Alain Valterio, c’est prendre des risques. Sous le velours, il y a des ressorts. Ça secoue, et c’est tant mieux.

Brèves de Psy, son dernier ouvrage, suscite la controverse. Car tout ce qui secoue la bienséance dérange. Un bâton dans la fourmilière. En défendant la bonne fessée, Alain Valterio offre le bâton aux psychologues de ce pays. Occasionnelle, une fessée peut à la rigueur être bénéfique. Administrée de manière systématique, c’est de la maltraitance. Rien ne justifie que l’on frappe et que l’on humilie un être sans défense. En outre, les idées de suicide chez un adolescent sont à prendre en compte. Deux aspects qui font polémique. C’est un peu court. Car cet ouvrage est un régal de bon sens et d’humour.

Alain Valterio ose écrire que le roi est nu. Il souligne des évidences que l’on ne voit plus ou que l’on occulte, ce qui est inquiétant. La réalité, c’est quand ça cogne, disait Lacan. Et il cogne, Valterio, mais aux bonnes portes. Encore faut-il l’entendre dans son intégralité, sa justesse et sa pertinence. Hélas, on n’évolue pas plus en lisant des livres de psychologie qu’on ne maigrit en lisant des livres de diététique, écrit-il.

L’Association des psychologues du Valais (APVs) devrait saluer un collègue qui brave l’air du temps et dénonce le recours abusif aux séances thérapeutiques ou de développement personnel, alors qu’un recadrage sérieux de la part de l’adulte suffirait à neutraliser l’enfant-roi tyrannisant l’entourage de sa tout-puissance.

Eh, oui ! Il n’est pas toujours douillet le divan !

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Bribes de sagesse

Jean d’Ormesson publie son dernier livre : Guide des égarés. Il le qualifie avec bonhomie de philosophie pour les nuls.

En effet, les différents thèmes qu’il aborde répondent à la question : Qu’est-ce que je fais là ? Nous ne savons pas ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes donc tous des égarés.

Ce petit livre délicieux et sans prétention s’efforce de répondre à cette question.

Vingt-neuf tableaux allant de l’étonnement à l’amour, sans oublier la mort et Dieu.

Nous participons tous ensemble, sans avoir rien demandé, à une évidence fragile, lumineuse et confuse à laquelle nous tenons plus qu’à tout en dépit du mal qu’il nous arrive d’en dire : la vie. Autant que nous sachions et au moins jusqu’à aujourd’hui, cette vie, qui est notre bien le plus précieux, se déroule sur une planète privilégiée et banale, fraction minuscule et franchement risible de l’immense univers.

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Des philosophes en herbe

Frédéric Lenoir raconte dans ce livre l’aventure extraordinaire qu’il a vécue avec des centaines d’enfants à travers le monde. Il aborde le questionnement philosophique autour des thèmes existentiels : l’amour, le respect, le bonheur, le sens de la vie, les émotions… Et il démontre une étonnante capacité des enfants à penser : développement du discernement et d’une réflexion personnelle.

Il met en exergue l’étonnement de Julien : »Maman, quand je pense que j’ai attendu d’avoir 7 ans pour faire de la philosophie ! »

L’auteur expose quelques règles à fournir aux élèves et utiles aux animateurs : aménager l’espace pour favoriser la discussion ; énoncer les règles ; donner le moins possible son point de vue personnel ; s’appuyer sur les réponses des enfants pour relancer le débat ; synthétiser les réponses et reformuler ; etc.

L’ouvrage est augmenté d’un CD comportant des méditations guidées avec accompagnement musical.

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Intégration sierroise

L’Espace Interculturel de Sierre fête cette année son vingtième anniversaire. La manifestation se déroulera au théâtre des Halles le 14 octobre 2016 à 19h00. Les artistes de l’ECAV présenteront une exposition sur le thème de la migration et de l’intégration. Puis, Célina Ramsauer et Teofilo Chantre animeront un concert aux couleurs latines intitulé «Entre deux Continents».

Cette association indépendante a pour objectif la valorisation des personnes migrantes. Elle propose des programmes d’orientation, des cours de français et des ateliers de relations humaines.

Les cours de français comprennent 40 séances hebdomadaires réparties sur 20 classes. Les critères correspondent au Cadre européen de référence du Conseil de l’Europe. Environ 380 personnes suivent ces cours où se côtoient 76 nationalités.

Rendez-vous pour cette grande fête le 14 octobre.

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La visite chez la vieille dame

Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,

Le Héron au long bec emmanché d’un long cou.

Il côtoyait une rivière.

Ce bon Monsieur de La Fontaine ignore où son Héron se promènera… Madame Gisela Minder, Thurgovienne de 80 ans, le sait. Depuis un an et demi, elle reçoit la visite d’une femelle héron cendrée, nommée Conchita.«Elle arrive vers 7h30 et frappe à la fenêtre de ma cuisine avec son bec. Je sais qu’elle veut manger quelque chose. Je lui prépare alors des snaks à base de poisson.»

Une fois le ventre bien rempli, le volatile aime se reposer sur le lit de son amie ou l’observe pendant qu’elle cuisine. L’oiseau reste une demi-journée dans la maison avant de repartir.

Lorsque Conchita n’est pas chez Gisela Minder, elle passe son temps à la station ornithologique de Kreulingen. La gérante, Elisabeth Eberle, explique avoir recueilli le héron cendré il y a deux ans. Toutes les tentatives pour relâcher la femelle dans la nature sont restées vaines. Depuis, note Elisabeth Eberle, l’oiseau fait partie des meubles :«Nous sommes très attachés à Conchita. Elle peut être un peu collante, mais lorsqu’elle ne vient pas nous voir pendant deux jours, elle nous manque énormément.»

Tant Elisabeth Eberle que Gisela Minder ignorent pourquoi le volatile fait autant confiance aux humains.

©Journal 20 Minutes, 28 avril 2016

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Eva Theytaz à Venthône

Elle expose au château de Venthône du 19 mars au 10 avril 2016 (vendredi à dimanche de 15h00 à 18h00) une soixantaine d’œuvres surprenantes autant qu’originales. Dessins, suspensions organiques, sculptures, linoléums synthétiques… Outre ses toiles aux markers, fusain et encre, Eva Theytaz est aussi plasticienne. Son expression est avant tout abstraite et expérimentale. Son intention vise l’introspection en volume et mise en espace.

Elle pose également  également un constat sur son rapport à la féminité, au corps et à son environnement.

Puis elle nous emporte sur un oiseau sombre ou une aile orange, techniques sur panneau compressé ou papier marouflé. L’on s’arrête près d’une tête penchée, un paysage orange somptueux pour se laisser entraîner dans une danse suspendue.

Une série de pièces dites Glomus s’inspire de l’eau des rivières où naissent formes et méandres : ce sont des galets de feuille de papier ou carton enrichis de strates de couleurs. Créations sublimes et oniriques. Limpides.

Une exposition à voir et revoir. Pour en garder une merveilleuse empreinte.

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Déficience invisible

Dans son récit Shâb ou la nuit, Cécile Ladjali évoquait sa naissance, à Lausanne, de mère iranienne qui l’abandonne aussitôt, et son adoption par un couple de français. Son enfance et son adolescence se déroulent donc sous le sceau du secret.

Agrégée de lettres, elle enseigne dans un quartier défavorisé de la banlieue de Paris, sensibilise ses élèves à la poésie. Ils publieront Murmures comportant soixante sonnets. Elle s’occupe actuellement d’enfants souffrant de déficiences auditives. Elle les ouvre à la littérature. Cécile Ladjali est aussi chargée de cours à la Sorbonne. Elle nous fit l’honneur de sa présence lors du dernier festival Rilke, à Sierre, où elle présenta l’ensemble de son œuvre.

Son dernier roman s’intéresse à une autre déficience : l’illettrisme. C’est l’histoire de Léo, vingt-ans, discret jeune homme d’une Cité, qui chaque matin pointe dans un atelier d’imprimerie. Toute la journée défilent des lettres qu’il identifie vaguement à leur forme. Les choses écrites, oubliées depuis l’école, sont devenues peu à peu de menaçantes énigmes. Renouer avec les mots, réapprendre à lire ? La bonne volonté est sensible, mais la tâche est ardue.

Illettré est un livre d’énergie et de conviction qui ouvre une voie imprévue et poétique sur ce handicap invisible.

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Lumineux Noël

Pendant toute l’année, vous êtes là. Nous pouvons compter sur vous. Vous y êtes avec d’autre, vous y faites votre part, et peu à peu le monde est transformé

Ce que vous faites est important. Cela permet à ceux qui sont épuisés de s’arrêter quelque temps, de reprendre des forces, pour ensuite repartir et poursuivre leur voyage.

Ce que vous faites a beaucoup de valeur. Nous voulons vous en remercier sincèrement. Votre aide est essentielle. Avec vous, grâce à vous, par vous, quelque chose a été rendu possible.

Heureux Noël aux déshérités de la Terre, aux errants, aux réfugiés en quête d’un accueil !

©Centre Espoir, Genève

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Le bonheur à tout prix

Marie-Claude Élie-Morin est journaliste indépendante, chroniqueuse, essayiste et scénariste. Elle s’intéresse aux enjeux de société qui ont un impact dans nos vie intimes. Elle dénonce dans son ouvrage La dictature du bonheur la nécessité d’avoir toujours une attitude volontaire et positive, parfois au mépris de la réalité.

Avec humour et discernement, elle expose les vicissitudes d’une manière de penser qui fait que beaucoup de gens en arrivent à se blâmer d’être malades, malheureux.

Nous avons besoin, individuellement et collectivement, de la part d’ombre de notre psyché. Il est donc inquiétant que tant de coachs et auteurs de livres de croissance personnelle à succès nous enjoignent constamment de chasser nos émotions négatives. Elles sont vues comme une chose qu’il faut apprendre à juguler, si l’on entend garder la gouverne de nos vies. C’est souvent vrai, mais pas toujours. Les recettes qui visent la félicité permanente sont l’équivalent des régimes amaigrissants — très populaires, peu efficaces et plus néfastes qu’autre choses.

Ce livre démontre qu’il est plus facile de reprocher à celui qui souffre sa posture mentale et de lui suggérer que la solution est à portée de main que de prendre acte de la réalité de sa situation.  N’oublions pas que l’industrie de la croissance personnelle engrange par ailleurs des profits faramineux en nous disant qu’il faut être la meilleure version de nous-mêmes.

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Du côté de la ruche…

L’organisation de l’abeille peut nous conduire à une sorte de rêverie métaphysique, nous mener à la philosophie. Qu’y a-t-il dans ce petit animal qui fascine autant ? Pourquoi vouloir chercher en lui des compréhensions de la nature et de la vie ? Les auteurs vont suivre le vol de l’abeille dans l’histoire de la pensée ; ils vont souligner cette idée ancienne et toujours actuelle qu’en contemplant et en comprenant l’abeille, nous saurons comment vivre ; comment vivre bien, comment vivre mieux, comment devenir sage.

Pourquoi le philosophe, d’Aristote à Heidegger, se met-il volontiers à l’école de la ruche ? Cette question est à l’origine du livre L’abeille (et le) Philosophe écrit à quatre mains par deux frères : l’aîné est apiculteur professionnel ; le benjamin est philosophe à la Sorbonne. Il fallait que ces compétences fussent réunies pour tenter de s’approcher de l’abeille philosophe et de faire son miel des discours de sagesse.

Pour qui se pique de philosophie, l’abeille est vraiment un animal de choix !

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