Lathion, peintre talentueux

Il vient de fêter ses quatre-vingts ans, à Sierre. Dans l’édition du Nouvelliste du 22 décembre 2011, Jean-François Fournier  lui a réservé un hommage sous le titre : Luc Lathion, 60 ans d’une peinture unique.

Luc Lathion. Le Rhône à Noës.1992

« (…) Se plonger dans la production dense du peintre de Saint-Luc — des milliers d’approches et des dizaines de sujets sans cesse renouvelés — laisse pantois. On est avec lui, à l’évidence, dans un monde unique où les références ne sont que prétextes à la réflexion la plus profonde. Découvrir ou redécouvrir la peinture de Lathion équivaut à un patient voyage dans un dictionnaire des Beaux-Arts très intérieur, mais ô combien fourni.

Parlant de son ami Luc dans un remarquable texte rédigé pour la Gazette de Lausanne un week-end de février 1962, Maurice Chappaz avait choisi en exergue de sa contribution cette phrase historique de Paul Cézanne : Sincèrement, Monsieur Van Gogh, vous faites une peinture de fou. Confronté aux personnages torturés de Lathion, à ses tableaux foisonnants et arborescents qui ramènent souvent à la violence concrète et obsédante de l’art brut, on comprend parfaitement le choix du grand romancier.  J’ai interrogé Luc Lathion, dit-il dans les colonnes du quotidien vaudois, et j’ai cru entendre un alchimiste d’un nouveau genre ou un accoucheur de soi-même.

 

 

 

Luc Lathion. Arbres en hiver.1988

Je vous souhaite à toutes et à tous, dans l’ombre de Chappaz, d’éprouver les mêmes médecines de l’âme de Lathion en regardant l’un de ses paysages métaphysiques, ou de subir sa maïeutique dans les rues abstraites de ses villes, au pied de ses cathédrales ou perdus dans ses natures mortes à nulles autres pareilles.

L’art de Luc Lathion peut être certes rapproché des racines allemandes de l’expressionnisme, en cela qu’il est une dissidence assumée du monde léger, parfois déserté et parfois vide qui nous entoure, une critique de toute forme d’académisme et des naturalismes les plus creux. Mais il constitue aussi, et même d’abord, un choc frontal pour le spectateur, aguerri ou non. Celui d’une guerre solitaire mais menée en toute conscience par un artiste dont l’envergure dépasse et de très loin les frontières du Valais, d’un canton qu’il a magnifié avec une passion d’autant plus forte qu’il ne s’est guère soucié — par caractère et par choix — de la vivre et de la partager en-dehors de son atelier.  »

 

Luc Lathion. Ville abstraite.1982

 

Luc Lathion. Arborescence.1991

 

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